Trail des 3 Rocs

Date: 
05 mai 2016
Image à la une: 
Trail des 3 Rocs - Foulée Beauzelloise
Body: 

Saint Antonin de Noble, 8 heures 15,

C'est parti. Nous sortons du sas de départ. C’est mon premier trail. Nous courrons dans les rues de Saint Antonin. L’air est frais, le soleil pointe ses rayons, il fait un temps magnifique. Cette partie du Tarn & Garonne, je la connais bien, plus jeune, j’y faisais souvent du vélo de route ou du vtt, j’adorais ses côtes et son paysage escarpé. 

Je ne cours pas trop vite. Le speaker a annoncé la première montée au bout de 1,5 km. Il y en a 6 en tout, réparties sur ce parcours de 25 kms à travers les gorges de l’Aveyron et ses falaises calcaires. Je suis débutant sur ce type de course, je n’ai pas de repères. Je ne sais pas à quel rythme je dois me caler. Je cours en essayant de ne pas m’essouffler et je pense à la première difficulté du jour….

La voilà. Je ne me pose pas de question sur le rythme : il y a un embouteillage. Le sentier est étroit pour 300 trailers. Nous marchons en file indienne. Je discute avec mon voisin, lui aussi, c’est son premier trail, et lui non plus n’a pas de repères. On s‘encourage mutuellement. On arrête de discuter, il y a un peu plus d’espace entre les concurrents, on commence à courir. Faux départ : C’était pour la photo. 20 mètres plus loin, l’embouteillage recommence et nous marchons jusqu’en haut la côte.

Nous arrivons sur le plateau, nous pouvons enfin courir. Les sensations sont bonnes. Tant mieux car le programme de la matinée est costaud : 1300 mètres de dénivelé positif.

Puis la première descente se présente. Je la connais, j’y suis passé il y a très longtemps en VTT. Elle est étroite et descend raide avec beaucoup de cailloux. Je ne sais pas trop à quelle vitesse il faut descendre alors je me colle à un groupe et je suis. Je maitrise ma vitesse et bondis en choisissant bien où je vais poser les pieds. Je ne veux pas me tordre les chevilles. La descente se passe bien mais je trouve que mes lacets ne sont pas assez serrés. Je me promets de les resserrer avant la prochaine descente.

La deuxième côté se présente. Je regarde la montre. On est parti depuis plus de 50 minutes et nous avons parcouru moins de 5 kilomètres. Je mange une pâte de fruit et attaque la montée. C’est un pierrier, et ça monte fort. Les cailloux glissent sous nos pas, c’est vite fatiguant. Je tourne la tête, la vue est splendide. Après le somment, il y a un premier ravitaillement en eau. Je m’arrête, je bois puis repart en trottinant. Je me sens bien. Je double quelques concurrents.

Avant d’attaquer la deuxième descente, je prends le temps de relacer mes chaussures. Le sentier est recouvert de graviers et de pierres. Je descends vite en prenant garde de pas glisser. Sans forcer, je double quelques trailers moins à l’aise.

La troisième difficulté se présente. Il commence à faire chaud et je sens mon énergie baisser. Je me dis de bien veiller à m’alimenter pour éviter la fringale. Je mange une barre de céréales et continue de boire régulièrement. Des coureurs se rapprochent. Quelqu’un tombe et rigole. Plus tard, un trailer me dira que la concurrente s’est entaillée le nez en tombant sur une pierre. Un concurrent m’a rattrapé, il m’avait laissé le dépasser dans la descente. Nous arrivons sur le plateau et recommençons à courir ensemble. Nous discutons en même temps. Lui aussi s’essaye pour la première fois aux courses vallonnées. Nous parlons de nos sensations, de la difficulté d’enchaîner ces montées et descentes. Il vient d’Agen, je suis originaire de Montauban, donc on parle rugby. Puis la descente arrive. Je semble plus à l’aise que lui à cet exercice, je le distance sans le vouloir.

J’arrive au ravitaillement. Il était temps : j’ai faim. Je mange des morceaux d’orange, de banane, des fruits secs. Je bois de l’eau et je regarde la montre. J’en suis à 2 heures de course et j’ai fait 12 kilomètres. J’imagine finir vers 12h.

Je repars. J’ai un peu mal à mon mollet droit. J’ai du mal à trottiner et dès que la pente s’incline, je ralentis et commence à marcher. C’est dur. Je me rappelle qu’il me reste encore 3 côtes à passer. Je me dis que j’ai fait le plus facile. Ayant repris l’entrainement il y a juste deux semaines après un mois de coupure pour une douleur au mollet droit, je sais que je suis un peu court au niveau préparation. Et maintenant, avec la fatigue, je sens que la deuxième partie du parcours va être éprouvante.

La quatrième côte se dresse devant moi. Elle est très pentue. Elle monte tout droit. C’est des cailloux sur de la terre. C’est glissant. Je sens mon cœur qui s’accélère. Je m’essouffle. Je fais une pause. Je repars. Je refais une pause. D’autres concurrents arrivent. On s’encourage. J’essaie de les suivre. Je n’y arrive pas. Tant pis, je poursuis à mon rythme. Je suis dans le dur. Ça va être plus long que prévu.

Vers la fin de la montée, j’entends derrière moi un concurrent arriver. Il marche à une allure soutenue. Je m’écarte, il a un dossard avec une bande rouge. C’est le premier du 45 kilomètres qui vient de me dépasser …

Du plat, j’en profite pour recommencer à trottiner. Ma douleur au mollet droit disparait mais je sens que mes jambes sont fatiguées et je ne cours pas bien vite … Puis j’attaque la descente en alternant marche et course.

J’arrive au dernier ravitaillement en courant mais je sens que je n’ai plus beaucoup de force. Un peu d’eau, un bout de banane et je repars. Des spectateurs me souhaitent bon courage. Je suis au pied de la grosse difficulté de la journée : la côte de « Ouf » .Ce n’est plus du trail, c’est de l’escalade ! J’attaque. Je cale aussitôt. Je sais qu’il me reste des pâtes de fruit et du gel énergétique. J’avale le gel. Un concurrent arrive. Je connais cette tête. Je le salue, il me répond. C’est Laurent Jalabert (il finira 5ème du 45 kms). Puis je reprends mon ascension. C’est dur. Je démarre. Je m’arrête. Je redémarre. Je m’arrête. Ce mur n’en finit pas et c’est dur d’arriver au bout en s’arrêtant tous les 30 mètres. Il est midi moins le quart. Cela fait 3h30 que nous sommes partis. D’autres trailers me rejoignent. On échange quelques mots. On s’encourage. Et petit à petit je me hisse en haut en m’aidant de la main courante. La pente s’adoucit. Je marche puis recommence à courir, je sens que le gel énergétique fait de l’effet. Ça fait du bien au moral.

Mais je n’arrive pas à courir en continu dans la descente. J’ai mal sous les pieds. Est-ce mes lacets qui sont trop serrés ? Est-ce mes chaussures qui sont usées et manquent d’amorti ? Je ne sais pas mais j’ai mal. Je desserre un peu le laçage. Rien n’y fait. J’ai mal aux pieds en marchant et en courant. Il me tarde de pouvoir retirer mes chaussures mais il faut d’abord finir. Je me remets à trottiner. Plus vite j’aurai fini, plus vite mon vœu sera exaucé. Je me fixe un nouvel objectif : finir avant 13h.

La dernière côte. Je monte doucement. Je n’ai plus de forces. Il fait chaud. Je continue de monter péniblement. Allez Sébastien, c’est la dernière. Il faut tenir le coup…

J’entends des gens qui parlent. Surprise ! A la fin de la côte, les organisateurs ont installé un ravitaillement imprévu. Je bois, mange un morceau de banane et repart. Il me reste 3 kms. Je n’arrive plus à courir, j’essaie de marcher le plus vite possible mais j’avance à la vitesse d’une tortue. Je regarde la montre. Il est 13 heures.

Je marche sur le plateau, le paysage est agréable mais je n’ai plus envie de le regarder. Je veux finir et j’attends impatiemment d’attaquer la dernière descente.

La voilà, elle est caillouteuse et glissante. Je fais attention. J’essaie d’accélérer mais j’ai trop mal aux pieds. Je descends prudemment, c’est-à- dire en marchant péniblement.

Le sentier s’aplanit, je longe une maison, je recommence à courir. Le chemin arrive sur la route. J’entre dans le village, je cours jusqu’au sas d’arrivée. Il est presque 13h30. Je viens de finir mon premier trail en 5 heures et 14 minutes. Je suis à la 276ème place.

Le kilométrage du parcours annoncé à 25 kms est revu à la hausse sur les feuilles de classement de l’organisation : 27 kms. Je les trouvais longs ces derniers kilomètres…. 

Je suis content. C’était un beau parcours et j’ai réussi à finir.

Sébastien BROS

Résultats: 

Sur le 27 km :
Sébastien BROS : 276è en 5h14

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